Partager l'article ! Rhétorique de la souffrance: Je suis exaspéré d'entendre depuis trois jours nos deux candidats (qui usent pour l'occasion d'une rhétorique tr ...
Je suis exaspéré d'entendre depuis trois jours nos deux candidats (qui usent pour l'occasion d'une rhétorique très semblable) nous seriner que le vote Front national est un vote de souffrance. Ô, pauvres électeurs du Front national, c'est la souffrance qui vous égare, laissez-nous vous soulager et tout ne sera plus qu'un mauvais souvenir… N'a-t-on pas envisagé un instant que ces électeurs supposés en souffrance puissent être, avant tout, simplement, de gros cons ? De gros cons de Français, haineux, ignares, veules, racistes ? Certes, oui, ça fait beaucoup de gros cons. Un visage de la France pas très plaisant à regarder. Alors, on préfère dire de ceux-ci : ils souffrent. On n'ose penser qu'ils aient pu voter pour le Front national en conscience, parfaitement alertés de toutes les implications idéologiques, historiques d'un tel vote, qu’ils aient pu lâcher leur bulletin dans l’urne, le sourire aux lèvres et le torse bombé. La souffrance (supposée, j'aimerais qu'on me dise de quelle souffrance il s'agit) a bon dos. Justifie-t-elle l'ignominie ? Ceux qui souffrent de rhumatismes, de maux de tête, de rages de dents, ont-ils plus voté pour le Front national que les bien-portants ? Cette condescendance à l'égard de l'ignoble m'indispose. Le sirop chrétien du « aime ton prochain, même si c'est le pire des connards » s'est mis à couler sur nos têtes. À gauche, c'est Ségolène qu'on a envoyée dévisser le bouchon. Le sirop n'a pas de secrets pour elle. Je me sens poisseux rien qu'à la regarder. Elle aura un ministère : celui des soins palliatifs.
Je me joins à ta colère ( j'y rajoute une bonne dose de déception, même si plus rien ne m'étonne)
Choisir de se laisser embobiner comme ça sans recul est d'une grave bêtise, d'une très dangereuse... connerie. L'Histoire nous a déjà tout dit.
Elle est toujours là en sourdine cette courte vue facile, ce nombrilisme franchouillard.
Et cette fois, le loup se fabrique juste un petit masque de bienséance, on voit pourtant bien les poils qui débordent.
Peut-être que les aberrations du dernier dirigeant et de ses sbires pendant 5 ans, la violence et les concepts débiles, les comportements réactionnels distillés régulièrement, ouvrent la voix à pire, sans "complexes" ?
On le voit bien chaque jour qu'on est entouré de gros cons et d'égoïstes patentés... toute modestie mise à part.
Au delà des 17% sus-nommés, je suis atterré de devoir y additionner les 25% capables de se satisfaire bassement des louvoiements et des tours de passe-passe du Pinocchio qui tient encore les rennes.
Cela fait beaucoup.
Je souhaite tout simplement qu'on soit nombreux,
nombreux à prétendre fonctionner autrement, même si le bulletin qui reste ne fait pas franchement rêver.